CHAPITRE II.
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fermeté dans la modération et d'urbanitédans les attaques,un esprit fin et délicat, un style sculpté avec soin, un ta-lent composé de bon goiit, d'ironie subtile et d’atticisme,voilà par quelles qualités se faisait remarquer M. Cauchois-Lemaire.
M. llodde, au contraire, était un homme d'une impé-tuosité sans égale, et n'ayant jamais su l'art des ménage-ments. Il ne connaissait pas la peur et la comprenait àpeine. Son style était brutal, quoique ennobli souventpar la passion ; sa sensibilité, violente et sauvage, écla-tait tour à tour en élans de tendresse, de générosité, et eninvincibles transports décoléré. Du reste, par une sortede contradiction bizarre, il était aussi modéré dans sesopinions que fougueux dans ses sentiments. Ennemi detoutes les idées trop hardies et de tous les partis extrêmes,il s’était toujours tenu un peu à l’écart des républicains,bien qu'il combattit leurs adversaires avec une énergieindomptable; timide par l’esprit, audacieux par le cœur.
A un homme de cette trempe, l’affaire des crieurs pu-blics offrait une occasion admirable de se montrer toutentier. Apprenant que, malgré les décisions de la justiceet en violation des lois, la police faisait arrêter les distri-buteurs, M. Rodde écrivit à tous les journaux, le 8 octobre1833. que, le dimanche suivant, à deux heures après midi,il irait sur la place de la Bourse distribuer les brochuresdont on avait arbitrairement saisi plusieurs exemplaires.Sa résolution était prise, et il la faisait connaître à tous ;il allait défendre son droit jusqu’à la mort.
A cette nouvelle, plusieurs amis de M. Rodde courentchez lui pour le détourner de son dessein. On lui repré-sente qu'après avoir bravé avec tant d'insolence l’autorité
IV.
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