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HISTOIRE DE DIX ANS.
tiens; lorsqu’elle avait mis législativement des bornes àla faculté des donations entre vifs et testamentaires ; lors-qu’elle avait décrété le partage égal des héritages: lorsquenaguère encore, ses représentants avaient fait une loi sur
l'EXPROPRIATION POUR CAUSE n’üTlLlTÉ PUBLIQUE!
Ainsi éclatait la mauvaise foi des dominateurs du jour.Oppresseurs, fils d’opprimés, ils reniaient dans l'ivresse deleur fortune le principe même de leur élévation, et ils nerougissaient pas de s'armer contre le prolétariat d'unedoctrine qu'ils avaient déclarée infâme lorsque la noblesses'en était servie contre eux. Enseignement grave et quidonne à la publication du manifeste de la Société desDroits de l’Homme une véritable importance historique!
Mais, sous un autre aspect, l’importance de cette pu-blication ne fut pas moindre, et il en résulta, au sein duparti démocratique, des débats du plus haut intérêt.
Le manifeste ne se prononçait qu'avec, réserve sur laliberté de la presse et la liberté individuelle, et l’on y in-sistait beaucoup, au contraire, sur la nécessité d’organiservigoureusement le Pouvoir. Une fraction notable du partirépublicain en prit ombrage. La Tribune appuya le mani-feste sans l'adopter entièrement, et il fut critiqué, commen'ayant pas assez tenu compte du principe de liberté, partrois hommes d’un patriotisme éprouvé et d'un talent in-contestable : M. Armand Carrel . rédacteur du National;M. Anselme Pététin, rédacteur du Précurseur de Lyon ;et M. Martin Maillefer, rédacteur du Peuple souverain deMarseille . l)e quel côté se trouvait la vérité: 1
Qu’on suppose deux hommes prêts à se mettre en roule :l’un bien portant, alerte, vigoureux: l'autre malade etblessé. Avant la révolution de 17S9, le Pouvoir, au lieu