CHAPITRE II.
119
« quoi vous a-t-on arrête? — Parce que je pense comme« >1. Yignerte. Ce qu’a dit. l'accusateur public est faux.« Nous avons nos bras pour travailler et ne voulons de la« propriété de personne. » Se tournant alors vers M. Yi-gnerte : « Kst-ce vous, lui dit le président, qui avez pro-« nonce ces paroles : Vous en avez menti ! — J’ai dit :« Tu en as menti, misérable ! — Qu'avez-vous à répondre« pour votre justification? — Je ne me justifie pas. » J.aCour délibère, et, après quelques minutes, séance tenante,condamne Yignerte à'trois ans de prison. Défendus avecbeaucoup d’éloquence et d’énergie parMM. Dupont, Moulin.Pinard et Michel (de Bourges), les accusés furent déclarésnon coupables par le jury. Niais la Cour, dont cette déci-sion enchaînait la sévérité à l'égard des prévenus, la Cour,sur les réquisitoires de M. Delapalme, frappa les avocatscomme a vaut ont ragé le ministère public; et MM. Dupont,Pinard, Michel (de Bourges) furent suspendus de l'exercicede leur profession : le premier pour une année, les deuxautres pour six mois.
Le même jour, MM. Yoyer-d’Argenson et Charles Testeétaient acquittés. On les avait traînés devant les tribu-naux pour avoir publié une brochure qui respirait l’a-mour du peuple elle sentiment de la charité évangélique.
Yoilà dans quel déplorable état de trouble vivait lasociété. Heureuse encore si elle n’avait pas été condam-née à un plus sombre destin! Car à tant de convulsions,qui, du moins, annonçaient la vie, devaient succéder un■ abattement honteux et un lourd sommeil semblable à lamort.