CHAPITRE III.
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nos intérêts aux vôtres, après avoir cherché le lien quiles unit. Vous penchez vers l’Asie , cela est évident ; vousvoulez cette moitié de l’empire du monde : quel est l'en-nemi qui vous la dispute? L’Angleterre. 11 vous faut la Mer-Noire tout entière et Constantinople : quelles sont les Puis-sances qui, de ce côté, gênent votre marche et enchaînentvotre ambition ? L’Angleterre et l’Autriche . Contre elles,nous vous offrons notre appui, mais aux conditions sui-vantes : à vous Constantinople et ses dépendances ; à nousl'Égypte, qui attend des maîtres, et la Syrie , où notre do-mination a été préparée par un protectorat religieux detrois siècles. Mais, dans un tel partage du monde, la Po-logne appartient à l’Occident , qu’elle couvre. Nous stipu-lons pour elle ; et songez qu'il y règne un esprit d’indé-pendance que vous n’y étoufferez que par l’exterminationdes habitants; songez que vous avez là, non pas un royaumeà exploiter, mais un foyer de haine et de révolte à surveillersans cesse ; songez enfin que, dans une guerre générale,la Pologne soulevée deviendrait le plus grand de vos pé-rils, le plus insurmontable de vos embarras, et qu’il vousfaudrait des flots de sang pour conserver une conquête quiimporte peu, après tout, à votre domination asiatique. »Une alliance franco-russe basée sur des données sem-blables eût-elle paru acceptable à la Russie ? Cela n’estpas douteux. 11 suffit de jeter les yeux sur la carte pourcomprendre ce que serait Constantinople aux mains de laRussie. Pour Constantinople, Alexandre laissait l’Europe à Napoléon ; et Napoléon ferma l'oreille à d’aussi brillantesavances, jugeant d’un prix inestimable la possession duRosphore 1 !
1 Mais n’v aurait-il pas eu là pour l’ensemble des intérêts européens