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HISTOIRE DE DIX ANS.
plus, depuis la nomination de l’amiral Roussin, que pre-mier secrétaire d’ambassade. Réehid-Bey, depuis Réchid-Paeha, et le prince Yogoridi s’adressèrent à lui au nomdu sultan. Le sultan désirait qu’accompagné de Réchid-Pacba, M. de Varennes se rendît à Kutayapoury négocierla paix avec Ibrahim. Au point où en étaient les choses,remettre sur le tapis les conditions que l’amiral Roussinavait essayé vainement d’imposer à Méhémet-Ali , c’eût ététout à la fois une faute et une puérilité. La paix ne pouvaitplus se conclure qu’au profit de Méhémet-Ali, et la France ne pouvait intervenir dans la négociation qu’en donnantun démenti à la politique adoptée d’abord par son ambas-sadeur. N’importe, il fallait à tout prix délivrer Constan-tinople du voisinage des Russes : on ne crut pas acheterleur départ trop cher par la plus éclatante, la plus mal-heureuse des contradictions. Réchid-Bey etM. de Varennesse mirent en route.
M. de Varennes avait reçu de l’amiral Roussin une lettrequi contenait quelques indications sur la marche à suivre :il la parcourut d’un regard distrait et indifférent, biendécidé à ne prendre conseil que de lui-même.
Ainsi, le nom de la France allait être engagé dans laconclusion d’une paix dont la portée était immense, d’unepaix qui n’était pas moins que l'arrangement provisoiredu monde-, et rien n’avait été réglé par le gouvernementfrançais , qui, tout entier à ses préoccupations égoïstes età ses passions d’un jour, ne savait même pas de quellemanière on allait mettre en jeu sa responsabilité et dansquelle route on allait précipiter sa politique !
Arrivé à quelques lieues de Kutaya, M. de Varennes etRéchid-Bey s’arrêtèrent dans un petit village et tinrent