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Tome quatrième.
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CHAPITRE ]H.

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plaire à ses dangereux protecteurs. C’est ainsi qu’aprèsavoir fait promettre son portrait à M. de Yarennes, ce qui■est considéré en Turquie comme une haute faveur, il n’hé- *sita pas, l’arrangement deKutaya une fois conclu, à reve-nir sur sa promesse, de peur de mécontenter la Russie ,qui feignait d’être irritée de l’importance des concessionsobtenues par Ibrahim. Instruit de ce manque de parole etde ce que Mahmoud avait l’intention de faire pour enadoucir l’injure, M. de Yarennes refusa d’avance tout dé-dommagement et répondit : «Je vois bien que, décidément,

« la Turquie n’est plus qu’une province russe. »

Et en effet, le 5 mai, c’est-à-dire le lendemain du jouroù la grande querelle de Méhémet-Ali et de Mahmoud seterminait d’une manière définitive parla solution de quel-ques difficultés relatives à la cession d’Adana , le comteOrloffarrivait à Constantinople , muni de'pouvoirs extraor-dinaires. Était-ce un défi? L’empereur Nicolas avait-ilvoulu nous faire peur de son ascendant oriental? On eûtmalaisément assigné une cause sérieuse à une missiond’une solennité aussi tardive; car déjà Ibrahim se dis-posait à évacuer l’Asie-Mineure. Le 2 A mai il abandonnaKutaya, et, avant le mois de juillet, il avait laissé le Tau-rus derrière lui.

Les Russes se décidèrent alors à délivrer Constanti-nople du poids de leur présence : il ne leur restait mêmeplus l’ombre d’un prétexte. Toutefois, ils ne lâchèrentleur proie qu’après avoir obtenu de la condescendance dusultan un traité 1 qui, valable pour huit années, nouaitentre la Russie et la Turquie une alliance défensive, et fer-mait aux vaisseaux de toutes les nations autres que la na-

1 Voir aux documents historiques, n° 5, le traité d’Unkiar-Skelessi.