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HISTOIRE DE DIX AXS.
partiendraient, sauf à n’ètre jugés que d'après les lois deleurs pays respectifs.
Rien de plus sacré, rien de plus auguste, que le butavoué de ce traité. L'Europe ne saurait tolérer sans s’avi-lir un commerce de marchandises humaines. Il lui estcommandé de flétrir les négriers comme des misérables,de les poursuivre et de les châtier comme des assassins.S'il a été admis par toutes les nations civilisées qu’entemps de guerre on pourrait visiter les vaisseaux neutressoupçonnés de porter des armes à l’ennemi, pourquoi neserait-il pas admis qu’en temps de paix on pourra visiterles navires soupçonnés de porter à la servitude sa pâturevivante? Si le pirate, qui vole de l'or, n’est point protégépar le pavillon dont il cherche à couvrir ses rapines,pourquoi n’en serait-il pas de même du négrier, qui faitmétier de voler des hommes? Malheureusement, le traitépassé à ce sujet entre la France et l’Angleterre tendait àla réalisation d’un bon principe par un moyen détestable.Pour avoir raison de la traite, il aurait fallu en appeler,contre une telle infamie, à une croisade de toutes les Puis-sances, unies cette fois par le double lien de la religion etde l’humanité; il aurait fallu pourvoira l’établissementd'une flottille neutre commissionnée non par telle outelle nation en particulier, mais par l'Europe 1 . Et, en
1 Cette solution, lorsque plus tard le droit de visite fut débattu, celtesolution a été celle de tous les esprits sincères et élevés. Mais hélas! c’estsur la difficulté d’exécution que les adversaires de la mesure ont triomphé !Les souverains s’entendent aisément et n’ont pas de peine à former descongrès lorsqu’il s’agit pour eux de tyranniser les peuples avec ensemble oude se les partager ainsi qu’un vil bétail ; mais il parait qu’entre ces memessouverains l’union devient très—difficile lorsqu’il ne s’agit plus que d’arra-cher à quelques brigands des milliers de pauvres victimes !.