CHAPITRE III.
i no
Mais en même temps M. Zéa-Bermudez était appelé aupouvoir. Or, son système se réduisait aux deux pointsque voici : 1° maintien du régime absolu combiné aveccertaines réformes administratives ; 2° consécration desdroits d'Isabelle. En effet, quelques améliorations secon-daires furent tentées, et les Cortès par états convoquées àMadrid pour y prêter à Isabelle II , déclarée princesse desAsturies , le serment de fidélité. Vouloir le despotisme, c’é-tait armer contre soi les partisans de la jeune reine, quitous voulaient une constitution ; reconnaître Isabelle, c’é-tait armer contre soi les partisans dudespostisme,qui touss’étaient rangés sous la bannière de don Carlos. Rien n’é-tait donc plus impolitique et moins durable que le systèmede M. Zéa. Les conséquences en furent d’une incroyablebizarrerie. Quoique la querelle de don Carlos et d'Isabelleen Espagne, celle de don Miguel et de dona Maria en Por-tugal, celle de Louis-Philippe et du duc de Bordeaux enFrance , ne découlassent point des mêmes causes et n’eus-sent point la même nature, il existait néanmoins entredon Carlos, don Miguel, le duc de Bordeaux d’une part,et de l’autre, Isabelle, dona Maria, Louis-Philippe , un lienpolitique fortement noué. C’est ce que M. Zéa fut conduità méconnaître. Commesujet d’Isabelle, il avait à combattredon Carlos ; comme fauteur du despotisme, il eut à sou-tenir don Miguel, par qui don Carlos était encouragé etsecouru. Jamais résultats pius contradictoires ne dénoncè-rent la fausseté d’un système politique. N’importe: ce sys-tème tenait tant de place dans les convictions de M. Zéa,qu'il mit à en poursuivre le succès une fermeté calme etnoble dont auraient pu s’honorer les plus grands minis-tres. L’Angleterre lui ayant adressé des représentations