CHAPITRE IV.
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de jeunes gens propres à un coup de main, mais peu ha-bitués à faire de longues routes, la colonne se traînaitd’un pas pénible. Tous les visages portaient l'empreinted'une morne préoccupation, et l’on se communiquait deproche en proche des doutes cruels. La colonne passa parde petites bourgades où nul cri d'enthousiasme ne se fitentendre et où elle ne rencontra que des regards étonnés.Par suite de ses travaux antérieurs, Mazzini était tombédans un état extraordinaire de lassitude, et la douleur devoir le succès lui échapper se joignant à ses maux, unefièvre ardente l'avait saisi. 11 marchait douloureusement,appesanti par la fatigue de plusieurs nuits sans sommeil.Il avait déjà demandé plusieurs fois à Ramorino quelleroute on suivait, pourquoi on n'allait pas à Saint-Julien,pourquoi on ne se dirigeait pas sur Bonneville ; et, à tortou à raison, les réponses de Ramorino l'avaient alarmé,lui paraissant évasives. Il l’alla trouver une dernière foisau bivouac de Carra. Régénérai était couché près du feu,dans son manteau. Mazzini lui dit, dans l’égarement de lafièvre, qu’il fallait aller du côté où il y avait espoir de sebattre; que si vaincre était impossible, il fallait du moinsprouver à l'Italie que les patriotes restaient fidèles à leursengagements et savaient mourir. Ramorino répondit quecourir au-devant de dangers stériles serait plus qu'une im ■prudence, et qu’il y aurait folie à faire moissonner, sansutilité pour la cause commune, la fleur de la jeunesse ita-lienne. Mazzini le regardait d’un œil hagard, le visage al-téré et le cœur plein de trouble. En ce moment des coupsde feu retentissent. Ramorino se lève précipitamment.Mazzini court au faisceau et saisit sa carabine en remer-ciant Dieu de leur envoyer l’ennemi. Mais il avait le dé-