CHAPITRE V.
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mortelle de l’inconnu, traversèrent lentement la ville, queleur deuil épouvanta.
Dès ce moment, la menace brille dans tous les regards,le mot combat est dans toutes les bouches, Exaltés par lesrésultats de la journée du 5 et par le déploiement de leurforce dans celle du C, les ouvriers se croient déjà maîtresde la ville. La cause des mutuellistes a été renvoyée aumercredi, 9 avril : c'est le 9 que la bataille s’engagera 5et, dans Lyon , personne n’en doute. Le comité d’ensembles'est réuni, pendant la nuit, pour agiter la question fatale,et l'on y a conclu à la résistance : on 11'atlaquera pas,mais on se tiendra prêt à repousser l’attaque. Les sectionsseront en permanence. On adopte pour mot d’ordre :Association , résistance et courage. M. Lagrange, qui ajugé la lutte intempestive, est appelé cependant à la diri-ger au besoin, et 011 lui donne, ainsi qu’à M. Baune et àquelques autres, le commandement d’une insurrectionmoins préparée que prévue. Aussi, nul plan bien arrêté,nul ordre de bataille. Sur la manière dont le choc serasoutenu, sur l’occupation des points militaires, sur lescommunications entre les divers postes, sur la partie stra-tégique de l'insurrection enfin, si provoquée elle éclate,incertitude complète. Dans un moment aussi critique, ilétait permis aux membres du comité de faire l’essai deleur influence : ils en appellent à une élection nouvelle,et, réélus à l'unanimité, ils se trouvent définitivementchargés de la responsabilité capitale d'un complot. Ce futalors que M. Martin rédigea une proclamation qui devaitêtre lue le lendemain. Elle respirait la colère, et pourtant-ce n’était pas un appel aux armes. Malheureusement, l’ef-fervescence des esprits croissait d’heure en heure.