CHAPITRE V.
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fayette rendait le dernier soupir. Ses moments suprêmesfurent remplis d’amertume, et l’ingratitude dont on avaitpayé ses services étant devenue le poison lent de sa vieil-lesse' des paroles de malédiction marquèrent ses adieuxà la vie. On lui fit des funérailles, magnifiques par le deuildes âmes et l’abattement des visages. Le parti républicainperdait en M. de Lafavette ce qui lui eût été presque plusutile qu’un chef ; il perdait un nom.
Tout réussissait, on le voit, à la dynastie d'Orléans . Ilne manquait plus aux serviteurs de cette dynastie que desavoir se modérer : ils n’en eurent pas la force. Nousavons dit avec quel empressement ils avaient profité d’uneheure de triomphe pour se faire autoriser à lever, enpleine paix, une armée suffisante pour la guerre. La pen-sée du règne était là.
Et la bourgeoisie, puissance rivale de la royauté, labourgeoisie applaudissait avec une ardeur imbécile, nevoyant pas qu’elle contribuait à miner sa propre domina-tion. Moins profondément aveuglée, elle aurait comprisqu’au service d’un homme, des soldats deviennent tôt outard des satellites; que, si on les appelle aujourd’hui àpréserver l’ordre, on les appellera demain à protéger latyrannie; qu’il n’y a plus de liberté, plus de garanties,plus de distinction possible entre une résistance légitimeet une rébellion coupable, partout où la répression frappesans avoir le droit de raisonner; que le pouvoir parlemen-taire cesse d’être indépendant, lorsqu’à sa milice, qui estlagarde nationale, le pouvoir exécutif substitue la sienne, quiest l’armée : qu'en un mot, l’intervention des gensdeguerredans les débats intérieurs est inconciliable avec la prépon-dérance politique d’une classe appuyée sur l'industrie.