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Tome quatrième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

accompli et fuyaient avec noblesse l'occasion de réveillerdes souvenirs lamentables ; mais d’autres, épuisant le suc-cès par leur insolence, menaçaient de leur épée les écri-vains de l'Opposition, traitaient les vaincus de bandits, sepavanaient sur les places publiques et dans les rues, lefront haut, l'œil ardent et la bouche pleine d'orgueilleuxdélis. 11 est vrai que, pour entretenir l'animosité du sol-dat, rien n’était épargné. La police descendit à des ma-nœuvres sans nom. Souvent, des coups de fusil retenti-rent dans le silence des nuits; souvent des tentatives fu-rent faites pour désarmer des sentinelles. Et, le lende-main, les organes du pouvoir ne manquaient pas de direque c'étaient là les dernières et sauvages convulsions dela révolte aux abois. Heureusement, la Providence nepermit point que jusqu'au bout la calomnie décidât de lamoralité des partis. En soir, en se défendant contre uninconnu qui s'était élancé sur lui pour le désarmer, unfactionnaire perça l'agresseur de sa baïonnette. L'inconnufut emporté sanglant. C'était le même à qui Lagrangeavait sauvé la vie sur la place des Cordeliers, c'était le mi-sérable qui avait vendu son sauveur : c'était Corteys,agent de police !

Du reste, l'essai de terrorisme monarchique commencéà Lyon s’était étendu à la France entière. La commissiondes neuf se montrait implacable. Liberté individuelle, in-violabilité du foyer domestique, tout était foulé aux pieds.Malheur au citoyen dont la maison avait été désignée ! Enson absence, à quelque heure que ce fût, et sur les plusfrivoles indices, sa demeure était envahie par des nuéesd'agents. Enfoncer les portes, briser les serrures, forcerles meubles, fouiller dans les papiers de famille, livrera