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HISTOIRE DE DIX ANS.
dées était assez difficile à éclaircir. L’appui de M. Thiers ,dont on connaissait le talent flexible, fut donc invoqué.Les éléments de l’afTaire lui furent soumis par M. Desages,homme instruit, appliqué, versé depuis long-temps dansla connaissance des choses diplomatiques, et qui avait auministère des relations extérieures, le gouvernement desbureaux. M. Thiers n’eut garde de s’abstenir. Le porte-feuille des affaires étrangères le tentait, sans qu'il eût en-core osé se l’avouer à lui-mème ; et le roi, qui avait des vuesque nous exposerons plus loin, le roi se plaisait à lui dire :« Au moins vous savez, vous, votre carte de géographie. »Le fait est que, dans la discussion provoquée par les in-terpellations deM. Isambert, M. Thiers occupa la tribuneavec beaucoup d’éclat, et soutint contre MM. Isambert etOdilon Barrot une lutte oùM. de Rigny ne parut que dansun rôle secondaire et une attitude embarrassée. Les débatsn’amenèrent aucune décision. Seulement ils venaient derévéler dans M. Thiers des aptitudes toutes nouvelles. Sesamis s’empressèrent d’enfler son succès ; et M. de Rigny,que de tels éloges humiliaient, en conçut un dépit qu'ai-grissait en lui le sentiment de son insuffisance.
Les passions de parti et les circonstances semblaientdonc concourir à poser la candidature du duc de Broglie.Mais elle était repoussée par le roi et par M. Thiers . Leroine pouvait supporter l'idée de trouver sans cesse en face delui un personnage sans souplesse. M. Thiers craignait laforce queM. de Broglie allait apporter à M. Guizot dans leConseil ; il craignait qu’à côté de ces deux hommes sapart d’influence ne devînt trop petite. 11 fallut essayer dediverses combinaisons. Des démarches furent faites auprèsde M. Molé, qui ne se crut pas en état d’affronter les ran-