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Tome quatrième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

ils étaient eux-mèmes détenus, leurs camarades de Luné-ville , qu'on avait renfermés à l’Abbaye, et leurs cama-rades de Lyon , déposés à la Conciergerie. Rien de plusjuste. La demande fut néanmoins repoussée. Alors, lesprévenus de Paris adressèrent au procureur-général unelettre où leurs griefs étaient résumés d’une manière saisis-sante :

« Vous ne voulez pas plus de la défense que vous ne voulez de la« vérité.

« Ainsi, vous avez mis une année entière à compliquer votre ac-« cusation, et nous avons reçu seulement il y a quelques jours le« volume de la procédure qui nous concerne.

« Ainsi, vous avez accusé tout notre passé, tous les actes du« parti républicain, et vous prétendez nous interdire le choix de« nos défenseurs : vous voulez nous condamner à les prendre parmi« les avocats, connus ou non, qu’ils aient ou non notre confiance.« Ce qui est permis à tout citoyen, pour la plus mince affaire de« police correctionnelle, vous l’interdisez à des hommes que vous« introduisez devant une cour exceptionnelle et qui sont sous le« coup d’accusations capitales !

« Ainsi, nous demandons des témoins à' décharge, et vous nous« mettez dans l’impossibilité de les faire assigner !

« Ainsi, nous sommes incriminés pour avoir créé un vaste com-« plot qui embrasse Paris, Lyon, Châlons, Arbois, Marseille , Ëpi-« nal, Lunéville , et nous n’avons pu encore nous mettre en rap-« port avec nos co-accusés, et nous touchons à l’ouverture des« débats sans avoir pu organiser une défense commune, pour ré-« pondre à une accusation commune ! »

Une entrevue d'un jour entre les deux comités de dé-fense de Paris et de Lyon fut tout ce que les accusésobtinrent. Elle eut lieu à Ste-Pélagie, le 18 avril (1835),et les dissentiments que nous venons de signaler s’y pro-duisirent avec éclat. En soutenant que les débats devaient