CHAPITRE X.
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« qui devraient leur appartenir. Je vous prie de considé-« rer que, dans les temps les plus orageux de la révolu-« tion, les familles des accusés ont toujours été admises« dans l’enceinte des cours criminelles. Le privilège du« rang et de la naissance doit céder à celui du malheur et« de la nature. Je demande, pour moi, que ma femme« soit immédiatement introduite. Elle a fait cent vingt« lieues pour partager mes périls et ma captivité. J’adresse« ma réclamation à l'impartialité de nos juges ou à la gé-« nérosité de nos ennemis. » La demande était juste etnoblement exprimée : voici en quels termes M. Pasquierla repoussa : « La demande que vous faites est étrangère« à votre défense ; c’est un hors-d’œuvre. » Expressionsbien dignes du sentiment qui inspirait un pareil refus! Atrois heures, la séance fut suspendue, la Cour s’étant re-tirée dans la chambre du conseil, pour y délibérer sur laquestion de savoir si on admettrait comme défenseurstreize citoyens dont M. Maillefer venait de soumettre lesnoms au président L A cinq heures, la Cour rentrait enséance, et M. Pasquier prononçait un arrêt qui repoussaitles défenseurs proposés, sous prétexte que « ces person-« nés n’étaient inscrites au tableau ni comme avoués, ni« comme avocats. » De sorte que la justice disparais-sait pour faire place à la guerre. Les défenseurs choisis parles prévenus publièrent, le lendemain, une protestationénergique : « Considérant que le droit de défense a été ou-« trageusement violé, et approuvant hautement la résolu-« tion des accusés qui ont flétri par leur silence tout prin-
1 ('.'étaient : MM. Voyer-d’Argenson, Audrv de Puyraveau, le généralTarayre, La Mennais, Trélat, Raspail, Carnot, Carrel, Bouchotte, PierreLeroux , Rcynaud, F. Degeorgeet deCorraenin.