CHAPITRE X.
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fortune publique, c'est là leur moindre tort, elles abais-sent les caractères, et voilà ce dont il convient, avant tout,de leur faire un crime; car il ne suffît pas d’inspirer auxnations des haines fortes et même légitimes, il faut aussileur inspirer des haines élevées et ennoblir leurs passionsen les excitant. M. de Cormenin s’y appliqua quelquefoisdans ses pamphlets, mais pas assez souvent, peut-être.Car c’était surtout à la cupidité de la Cour qu’il avait cou-tume de s’attaquer, trop sûr que, dans un siècle corrom-pu, les questions d’argent ont une importance décisive.Alors il donnait la vie aux chilfres, l’éloquence aux calculs,grave et impétueux, amer et entraînant tour à tour. Ettantôt il accablait ses adversaires de sa logique, tantôt illes perçait de ses railleries, flèches inévitables. Habile àsouiller sur les colères du moment, M. de Cormenin n’a-vait pas tardé à se donner pour ennemis tous les ennemisdu peuple : ce fut sa gloire. Du reste, c’était seulementcomme pamphlétaire qu’il était terrible. En quittant laplume, il devenait le plus doux et même le plus timide deshommes.
Dans l’occasion dont il s'agit, cependant, il déployaune hardiesse inattendue. Voulant prouver par l’âpreté deson langage que s’il avait nié l’authenticité de la signa-ture qu’on lui attribuait, c'était uniquement pour rendrehommage à la vérité, il parut, le 22 mai (1835) à la tri-bune, et ouvrit les débats par un discours plein de forceet de logique :
« Ce n’est pas ici, Messieurs, l’une de nos querelles in-« térieures entre l’Opposition et la majorité : c’est une« question de gouvernement représentatif, de constitu-« tion, de prérogative à prérogative, de Chambre à