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HISTOIRE DE DIX ANS.
L’attitude du clergé dans ces circonstances eut quelquechose de manifestement hostile à la dynastie d’Orléans .Après des hésitations offensantes pour la royauté, l’arche-vêque de Paris s’était enfin décidé à rendre au roi unevisite, et même à officier au service funèbre qui devaitêtre célébré dans l’église des Invalides. Mais les regrets duclergé pourla branche aînée se trahirent dans ces parolessingulières de l’archevêque au roi : « Sire, en voyant au-« jourd’hui le chef et les corps de l’État, doublement« avertis par le malheur et le bienfait, .venir apporter« aux pieds des saints autels un juste tribut de remer-« ciments et d’hommages, la religion espère! Elle espère« pour la France. Car si l'ingratitude envers Dieu a lefu-« neste privilège d’arrêter le cours de ses dons, la recon-« naissance de la foi a le pouvoir, au contraire, de les« multiplier et de les faire couler avec abondance sur les« princes et sur les peuples. «
S'il est une règle d’éternelle sagesse, c’est celle qui pres-crit au législateur de se garder, lorsqu’il médite la loi, detoute précipitation passionnée, de toute impression de na-ture à altérer la sérénité de son jugement. Cependant, dèsle 4 août 1835, la Chambre des députés était saisie desprojets de lois annoncés par la polémique ministérielle.Dans un exposé des motifs qui démentait l’idée qu'il avaitdonnée de son caractère, M. de Broglie fit de l’éclat de laFrance , sous l’empire de la presse, un tableau qui présen-tait, avec le fameux rapport de M. de Chantelauze en1830, des analogies frappantes. Comme conclusions del’exposé des motifs, trois projets de loi furent présentésparM. Persil.
L’un, relatif aux cours d’assises, investissait le ministre