CHAPITRE XII.
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Les explications provoquées par M. Giraud trompèrentla curiosité publique. M. Humann se justifia d’une ma-nière embarrassée et avec une humilité tout-à-fait équi-voque. M. Giraud insista pour obtenir des explicationsplus claires; et, alors, emporté par son orgueil, M. deBroglie s’écria : « On nous demande s’il est dans l’inten-
« tion du gouvernement de proposer la mesure? je ré-
«
« ponds : Non. Est-ce clair? »
C’était là ce qu'attendait le tiers-parti. Dans un régimeoù les intérêts les plus sacrés ne sont jamais débattusqu’au point de vue et au profit de passions vraiment mi-sérables, dans un régime où les questions les plus hautesne sont, aux yeux de ceux qui les soulèvent, que desmoyens de faire et de défaire des ministres, il était toutsimple que la réduction des rentes ne fût considérée quecomme une machine de guerre dressée contre le Cabinet.Les chefs du parti doctrinaire ne voulaient pas de la me-sure : donc, pour les remplacer, leurs rivaux du par-lement n’avaient qu’à la vouloir ; et M. Humann venaitd’ouvrir une brèche par laquelle mécontents et ambitieuxallaient inévitablement se précipiter.
M. Thiers comptait dans la majorité parlementaire uncertain nombre de partisans qui l’aimaient de toute lahaine que leur inspiraient MM. de Broglie et Guizot . Tousceux qui brûlaient de supplanter ou de mortifier les doc-trinaires coururent se ranger autour de M. Thiers. L’occa-sion était favorable, la marche à suivre toute tracée :M. Gouin prendrait l'initiative, et développerait, à la tri-bune, les avantages de la réduction des rentes ; la priseen considération serait proposée; le tiers-parti se joindraità la gauche pour obtenir, en faveur delà proposition, un