Band 
Tome quatrième.
Seite
472
JPEG-Download
 

172

HISTOIRE DE DIX AXS.

Depuis son séjour à lîlaye, M. le docteur Gintrac a été appelé quatrefois. Le 11 décembre 1832, il observa les symptômes suivants : douleursrhumatismales aux épaules ; petite toux sèche portant un caractère nerveux ;suppression des règles qui datait de deux mois, et qui, d’après le rapport dela princesse, avaient été suppléées par un flux hémorrhoidal ; du reste, iln’v avait point de lièvre, et les organes digestifs étaient en assez bon état.

Le 18 du même mois, à sa seconde visite, le docteur Gintrac, appelé àl’occasion d’une forte douleur de tète, avec pesanteur et étourdissement,remarqua une diminution notable des douleurs rhumatismales et de latoux dont nous venons de parler.

La troisième visite du docteur Gintrac eut lieu le 0 janvier 1833. Alors denouvelles douleurs s’étaient manifestées aux articulations des hanches, etun nouveau flux hémorrhoidal avait en quelque sorte remplacé les règles,qui n’avaient point paru, l’n examen attentif de l’ahdomen, dans la positionassise, il est vrai, lit reconnaître qu’il était assez volumineux, et que l’aug-mentation de ce volume dépendait surtout du gonflement delà îatc.

Des suffocations s’étant manifestées dans la nuit du l B au 17 de ce mois,M. le docteur Gintrac se rendit auprès de madame la duchesse de Berri, etcrut pouvoir attribuer cette indisposition à l’ingestion d’un aliment excitantet indigeste. Déjà le calme avait reparu, et même les douleurs articulaires,dont elle se plaignait, avaient cessé. Du reste, point de changements, quantà la suppression des règles.

Depuis cette époque jusqu’à ce jour, la santé de madame la duchesse deBerri a été assez bonne; toutefois, avant-hier, dans sa promenade sur lesremparts, elle éprouva, par suite de l’impression d’un air vif et froid, unaccès de toux sèche et intense qui l’obligea de chercher un abri, et quibientôt s’apaisa.

Aujourd’hui 25 janvier, vers 9 heures, nous nous sommes rendus auprèsde S. A.R. Nous l’avons trouvée levée : elle l’était depuis une heure. Elle aparu à celui d’entre nous qui avait eu l’honneur de lui donner des soinsles années précédentes, un peu amaigrie ; sa coloration s’éloignait peu del’état ordinaire ; une toux sèche assez fréquente se faisait entendre; unelégère oppression existait ; les mouvements de la respiration, observés avec-soin, ne paraissaient point aussi faciles que dans l’état normal ; l’oreilleappliquée sur le thorax, faisait reconnaître que l’air ne pénétrait qu’impar-faitement dans les poumons, les inspirations même profondes n’opéraientqu’une dilatation incomplète de la poitrine ; le pouls manifestement accé-léré par l’émotion qu’éprouvait S. A. U., donnait environ quatre-vingt-huit à quatre-vingt-neuf battements par minute : il était d’ailleurs naturelsous le rapport delà plénitude et de la régularité; une douleur assez forte