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Tome quatrième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

le repos nécessaire à sa santé ; il lui faut une particularité qui puisse letenir au devoir et aux obligations de son état ; il lui faut de la dissipation iil lui faut, pour orner sa vie, pour embellir sa carrière, l’amour et la pra-tique du bien, il lui faut enfin cultiver son art ou profession quels qu’ilssoient, et rendre hommage à l’humanité.

Alors l’abeille est prise en quelque sorte pour patron et modèle, par sontravail, par sa douceur, son union et sa force ; elle qui, dans la belle saison,lorsqu’elle sort de sa loge, cherche et recherche les fleurs, les caresse àleur rencontre, voltige autour, en obtient la quintescence et rentre ainsipour se délasser et grossir le dépôt commun.

L’an mil huit cent vingt-huit, le vingt-neuvième jour du mois de juin,les statuts du mutuellisme ou du devoir des chefs d’atelier de soieries ontété rédigés en actes d'association pour valoir règlement.

L’association prend le nom de mutuellisme, qui signifie faire mutuelle-ment comme on voudrait qu’il fût fait à soi-méme.

Chaque associé prend le nom de mutuelliste, qui signifie qui fait toujourscomme il voudrait qu’il fut fait à lui-méme.

Le mutuellisme est basé sur l’équité, l’ordre et la fraternité : tellessontles qualités que doivent avoir ceux qui le composent. Le but du mutuel-lisme est indication, secours et assistance ; tels sont les devoirs de chaquemembre. En conséquence, le but du mutuellisme est donc entre tous sesfondateurs et ceux qui sont reçus frères : 1“ de s’indiquer avec franchise etloyauté, mutuellement et généralement, tout ce qui peut leur être utile etnécessaire concernant leur profession ; 2° de se secourir par le prêt d’us-tensiles autant que possible, et pécuniairement au moyen de cotisationsdans des malheurs arrivés à l’un d’eux ; 3° de s’assister de leur attention,de leur amitié et de leurs conseils, et lors de leurs funérailles et celles deleurs épouses, en se regardant et traitantcomme frères jusque-là.

Les nombreux résultats qui font le mérite de l’institution, étant tropmultipliés pour être ici détaillés, sont l’objet de discours ou d'entretien,faisant principalement partie des attributions des chefs et indicateurs depetites loges, ainsi que des inspecteurs.

Afin de doter, régulariser et perpétuer le mutuellisme, un secret invio-lable envers les intrus quelconques et l’exécution entière de chaque prin-cipe ou article, sont reconnus pour ses éléments ; a ussi les fondateurs et lesfrères qui seront reçus feront serment en finale réception d’étre secrets etfidèles aux articles qui suivent.