74 LES FEMMES,
dans ces vallées où les eaux sans limitesse sont ouvert de nouvelles routes , leurpassage ne laisse que des traces légères.La glace a fui, la première pointe des her-bes va paraître. La terre humectée prendune nouvelle vigueur pour produire. Déjàles fleuves, qui descendaient des monta-gnes, ne sont plus que des ruisseaux; lesrivières rentrent dans leurs lits; les eaux,en se retirant, découvrent les prairies.A côté de la goutte d’eau suspendueà l’arbrisseau qui reverdit, le bouton vanaître. Une fraîcheur délicieuse se mêleà la douce chaleur qui s’accroît, et porteune vie nouvelle à tout ce qui respire ,un nouvel accroissement à tout ce quivégète, un nouveau charme à tout ce quipense , et peu de jours ont suffi pouramener à cette aimable renaissance detoute la nature.
Le calme qui se rétablit dans les mon-tagnes rentre dans le cœur des habitans;ils descendent; les villages se repeuplent,