312 PIÈGES
plus que le général Moreau-, nous sommes prêts d’unmoment à l’autre : on se prépare dans le plus grandsecret.
J’attends avec impatience de savoir ce qu’aura fait legénéral Hoche, s’il a attaqué ou non ; il devait agir le27 (16 avril). S’il avait accepté l’armistice, il faudraitfaire comme lui. Dans tous les cas il n’est pas nécessairede commettre d’hostilités, nous pouvons rester tran-quilles en prenant nos précautions, puisque nous som-mes sur la défensive.
Si l’armée de Sambre-et-Meuse nous cède du terraindans le Hundsruck, il faudra en tirer des subsistancestant que cela sera possible, ainsi que des ressources dontnous avons si besoin.
Le général Hoche m’offre des vivres, je ne crois pasà la sincérité de ses offres; je lui ai mandé qu’il nousferait grand plaisir de nous envoyer ce qu’il pourrait. Legénéral Hoche me mande aussi qu’il ordonne au géné-ral Collaud, qui commande à la droite de son armée, dese concerter avec toi pour faire relever le corps qu’ilcommande par tes troupes ; il sent bien que cela ne serapas faisable sur-le-champ, mais il espère que le corpsdu général Collaud pourrait être disponible les premiersjours de floréal. Comme je te l’ai déjà dit, il faut faireéclairer cette partie : si l’ennemi y venait, on y mar-cherait très en force et on l’aurait bientôt fait rentrerdans ses places ; d’ailleurs, il est à présumer qu’il ne s’vexposera pas, quand il verra l’armée de Sambre-et-Meuse s’approcher du Mayn.