114 Traité de l 3 Attaque
que le siégé même n’en demande aujour-d’hui (a). Mais qu’on considéré auíïï qu’ony employeroit alors moins de monde , &que l’encreprise seroic plus sûre. Le remsíuppléeroit à la force, comme dans les ma-chines dc méchanique, où une puissanced’une livre faic mouvoir un poids de ulivres , mais en douze fois plus de rem;que si le poids étoit mu par une puissancedouze fois plus grande. Ç’est ainsi qu’avecla science , le genie Sc l’intelligence de laguerre , on peut avec une armée infé-rieure résister aux efforts d’un ennemi pluspuissant ; fans ces qualités on ne peut s’as-liirer que fur le grand nombre, Sc qu’op-poser la force à la force ; on ne fait aucun
(a) Les Princes d’Orange , Maurice & Frêderic-Htmì,se faisoient, dit M. le Maréchal de Vauban , une si grandeapplication de bien faire leurs lignes , qu’ils y employoientdes mois entiers. Ce grand homme prétend , dans son traitede P Attaque des Places * que quand on a le tems de for-iher de bonnes lignes & de se bien préparer à recevoirl’emiemi, il n’est guere possible qu’il puisse les forcer. -- £t33 je n’ai point oui dire , dit-íl, qu’on y ait réussi , si ce n’est-3 à celle de Casai , par M. le Comte à’Harcourt , qui en35 vint à bout comme par miracle , après y avoir été re-=3 poussé trois ou quatre fois. L’exempie de ce qui est ar--3 rivé devant Turin en 1706 , ne prouve point qu’on doive33 attendre de grands succès de ces attaques. Les lignes y» croient mal formées, les retranchemens trop serrés, en-33 sorte que la Cavalerie ne s’y pouvoit tourner, & que33 l’on n’y pouvoit déployer que dix ou douze bataillons:3* •ajoutons à cela la mésintelligence des Généraux.