DISCOURS
32
qu’ils se forment des sous-ordres, des prin-cipes , un plan. Calculons donc : tant defautes par leurs erreurs : tant par leurspassions : tant par les erreurs et les passionsde leurs employés. Sont-ils sans génie ? Ilsne trouvent rien qui les instruise, ou lesappuie. L’Etat n’ayant point de système ,ils n’y savent pas suppléer. Ils gouvernentcomme ils vivent, du jour à la journée. Aulieu de maîtriser les évènemens , ils sontmaîtrisés par eux. Les détails les absorbent.Ils tiennent dans leurs mains quelques bisde l’administration , et en laissent aller lesgrands ressorts.
L’histoire nous fait voir des rois qui ontgouverné leurs Etats eux-mêmes, ou desministres qui ont gouverné leurs maîtres ,procurer à leurs nations quelques succèséphémères. Richelieu ht de grandes choses.Louis XIV eut ses éclairs de bonheur. Albe-rom parut un moment ranimer l’Espagne .
' La Prusse, élevée au-dessus de sa sphère,par les talens de son roi, étonne aujourd’huil’Europe . Mais remarquons-le : jamais na~