x3o ESSAI GENERALmoeurs, <le toutes les qualités physiques et mo-rales des peuples, a dû nécessairement variersans cesse , et ne laisser, dans un siècle, quedes principes désavoués et détruits par le sièclequi lui a succédé.
Supposons les premières vérités mathémati-ques enseignées à des peuples habitant les deuxextrémités de la terre, et n’ayant aucune com-munication entr’eux ; ces peuples arriveront,peut-être à quelques années l’un de l’autre, maisarriveront certainement un jour aux mêmesrésultats; mais y a-t-il eu , en tactique, desvérités démontrées ? A-t-on déterminé les prin-cipes fondamentaux de cette science ? Un sièclea-t-il été d’accord sur ce point avec le sièclequi l’a précédé?La tactique grecque n’étoit pasla même à Thcbes , qu’à Sparte , à Sparte ,qu’à Athènes : elle changeoit sans cesse : à l’épo-que de l’institution de la phalange, elle parois-soit à sa perfection : bientôt l’ordonnance ro-maine prévalut sur la phalange : les légionschangèrent elles-mêmes vingt fois d’armes et.d ordonnance : la barbarie succéda à la déca-dence des légions : on retomba dans l’indisci-pline : on en revint à l’ordre de profondeur ,à la nombreuse cavalerie. Le seizième siècledébrouilla un peu ce cahos ; mais ce qu’ilétablit, lut détruit à son tour, par le dix'