2 68 ESSAI GENERALbayminettes et de coups de fusil qu’elle a hopposer à chaque cavalier ; l’effet prodigieuxde son feu, s’il est bien dirigé ; le peu d’effetde l’arme du cavalier, qui, ne pouvant plusle blesser ni à la tête, ni aux épaules, n’a pres-que point de prise sur lui ; enlin le danger quecourt l’infanterie si elle s’effraye et se désunit,et sa force invincible tant qu’elle reste intré-pide et serrée. Eu général on ne raisonne pasassez avec le soldat et sur-tout avec le soldatFrançois , que Son intelligence met à portéede comprendre beaucoup de choses. Cepen-dant la fermeté d’une troupe augmenteroit enraison de ce que chaque individu seroit pluspersuadé de la bonté de l'ordonnance et delàdisposition dans laquelle il est rangé.
Je voudrois enlin accoutumer l’infanterieà manoeuvrer vis - à - vis de la cavalerie ; àmarcher devant elle , soit en bataille, soit encolonne ; à s’arrêter quand elle sera menacéed’être chargée ; à préparer alors le retranche-ment mobile dont j’ai parlé ci-dessus ; à n’êlrepoint étonnée de se voir environnée , à nepoint, l’être de l’ébranlement impétueux d’uneligne de cavalerie, de son accélération de vi-tesse , de son tumulte imposant ; à tirer à pro-pos et à la juste portée. Sans ces exercices,l’oflicier d’infanterie, inexpert sur les mouve-