3i8 ESSAI GENERALpar la date de la création des corps ; elle exci-terôit l’émulation, elle entretiendroit cet espritde courage et d’invincibilité, qui animoit leslégions Romaines. Il est raisonnable enfin quece préjugé, qui ne signifie rien entre com-pagnies et bataillons du même corps, existe re-lativement aux régimens qui sont des corpsséparés et susceptibles entr’eux d’être encou-ragés par toute l’industrie de la législation. Uest bon qu’il ait fait la place d’honneur desailes de l’ordre de bataille qui sont les partiesles plus agissantes et les plus exposées. Mais jeveux qu’on ne s’assujetisse à cet ordre qu’au-tant que cela ne contrarie ou ne ralentit pasles mouvemens des troupes ; je veux que, dansles formations de colonne , toutes les fois quele chemin sera plus près du bataillon de lagauche que celui de la droite, ce soit ce pre-mier qui ait la tête de la marche. Je veux , àplus forte raison , dans les formations d’ordrede bataille devant l’ennemi, que si l’on peut oudéborder cet ennemi, ou occuper un terreinplus convenable, ou se procurer enfin quelqueavantage en plaçant à la droite le régiment quioccupoit la gauche dans l’ordre primitif, on n ebalance pas à faire cette inversion.
Qui pourra concevoir les lenteurs, les con-tre-marches , les fatigues inutiles , les occasio 11 *