S 7 8 essai general
Pour que cette quantité de vitesse produisetout l’effet qu’on doit en attendre, il faut qu’ellesoit proportionnée à l’éloignement du but oùl’on va frapper : si ayant six cents pas à par-courir , on s’ebranloit avec la même vitesse quesi l’on n’en avoit que deux cents, les chevauxs’essoulleroient, et le mouvement iroit en seralentissant vers la fin de la charge, tandis qu’aucontraire il doit augmenter d’accélération. 11faut que cette quantité de vitesse soit graduelleet progressive, c’est-à-dire , par exemple, quesi un corps de cavalerie allant à la charge, asix cents pas à parcourir, il doit s’ébranler aupetit trot , faire ainsi deux cents pas, et en- ;suite deux cents au grand trot ; cette mesurede mouvement ne manquera pas de s’accélérerpresque d’elle - même , à proportion que leschevaux s’échaufferont et se mettront en ha-leine : enfin les deux cents pas restans serontfaits au galop, les cavaliers baissant la main etabandonnant leurs chevauxaux cinquanteder-niers, de manière que la plus grande quantitéde vitesse possible existe en arrivant sur latroupe qu’on va charger, et qu’ainsi cette iuv |pétuosité, rendue décisive par l’accélération !du mouvement, étourdisse le cavalier sur le 'danger, et entraîne sur l’ennemi le làclie comme jle brave, et les demi-volontés comme les vo-lontés entières.