DE TACTIQUE. 489
nomme croisées, se protègent et se défendentréciproquement.
Indépendamment de la protection mutuelleque les batteries doivent tâcher de se donner ,il faut les faire fortes. Alors elles procurent deseffets décisifs, elles font trouée, elles préparentla victoire. Au contraire, la même quantité depièces dispersée est plus propre à irriter l’en-nemi qu’à le détruire : l’objet de l’artillerieenfin ne doit point être de tuer des hommes surla totalité du front de l’ennemi ; il doit être derenverser, de détruire les parties de ce front,soit vers les points où il peut venir attaquer leplus avantageusement, soit vers ceux où il peutêtre attaqué avec le plus d’avantage.
Il ne s’ensuit pas de la maxime posée ci-dessus , qu’on doive réunir trop d’arlilleriedans une seule et même batterie ; ce scroittomber dans un autre inconvénient : celui dedonner trop de prise à l’ennemi. 11 convientseulement de réunir sur le même objet plusieursbatteries peu distantes l’une de l’autre, et il fauty joindre l’attention , si le terrein le permet,de ne pas placer ses batteries sur la mêmeligne, afin que, si l’ennemi peut se ménagerdes prolongemens sur elles, ces prolongemensne traversent pas toutes les batteries à la fois.
Les pièces de chaque batterie doivent con-