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Moins on a de tems pour disposer une semblable mar-che , et plus il est nécessaire de se servir de tous leschemins qui conduisent plus ou moins directement aupoint où l’on veut se porter, en évitant toutes fois lesplus mauvais pas, ou en les réparant ; ce qui peut tou-jours se faire, sans arrêter trop long-tems les colonnes,pour peu que l’on ait quelques heures d’avance. On seborne alors à adoucir les escarpemens, à combler lesfossés, à percer les haies, et à rendre les bois prati-cables pour l’infanterie. Si le pays est fourré, il estavantageux de rapprocher les colonnes, afin que lestravailleurs de chacune puissent se prêter des secoursmutuels, selon la différence des obstacles; alors, l’opé-ration est accélérée et la marche dure moins de tems.Mais, plus elle a été imprévue, et plus les officiers d’é-tat-major doivent redoubler d’attention , pour dirigerles colonnes par les lieux les plus avantageux, particu-lièrement celle qui se trouve le plus près de l’ennemi,et à la composer de troupes convenables au terrainqu’elle doit parcourir. Il faut aussi observer, de tenirla colonne voisine et successivement les autres, à desdistances qui leur permettent de s’aider mutuellement,sur-tout celles que la proximité de l’ennemi exposedavantage.
Dès qu’il s’agira d’occuper une position , on ira lareconnaître, on en fera lever le plan , et on s’attacheraà en bien examiner les avantages et les inconvéniens.On s’informera, en même-tems, 1 des gens du pays , detous les chemins que l’armée peut suivre, pour arriverà cette position. D’après cette reconnaissance générale,le chef du département des marches chargera ses ad-joints de faire une reconnaissance particulière et dé-