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AVANT-PROPOS.
ter ces deux armes , c’est que , dans cette guerre , l’infan-terie légère a souvent manœuvré en ligne , et plui souventencore la troupe de ligne a fait aux avant-postes le servicede troupes légères ; ainsi nous avons vu dans nos premièrescampagnes des cuirassiers envoyés en tirailleurs. Cependantceux qui , depuis le commencement de la guerre , se sonttrouvés à la tête des divisions actives , et ont appris à bienconnaître nos troupes, n’ont pu s’empêcher de remarquerque , dès l’aur.ore même de notre tactique actuelle , noscorps francs et nos bataillons de chasseurs à pied se gardaientmieux aux avant-postes, s’éclairaient beaucoup mieux ,étaient plus propres aux découvertes et aux partis , combat-taient en tirailleurs avec plus d’intelligence que nos troupesde ligne, qui, en revanche, manœuvraient avec plus d’ordreet d a-plomb sur le champ de bataille, et résistaient mieuxaux charges de la cavalerie.
J’ai tellement fait cette remarque, que je me suis formél'opinion , qu’un trèsjaon régiment d’infanterie de lignequi manœuvrant avec sang-froid et'rectitude au milieu desboulets , avancerait ou resterait , suivant les commande-ments , toujours imperturbable devant toutes les chargesles plus vigoureuses ; ce très-bon régiment, dis-je, meparaîtrait moins propre aux avant-postes et aux combats detirailleurs, qu’un régiment très-médiocre de troupes légères,qui souvent m’inspirerait peu de confiance en plaine et en
ligne. Et pourquoi cela ?. La force des troupes est dans
leur propre opinion. Le soldat qui, à rangs serrés , se regardedans son bataillon comme dans une forteresse inexpugna-ble , se trouve , si vous le jetez en tirailleur , très isolé et