ao Essai historique
Philippe , que son ordonnance valait mieux que laphalange. Mais les consuls romains, en s’étendant enAsie , en Afrique , contre des peuples dont la cavalerieétait la principale force, furent obligés de formerdes corps plus solides, et réunirent les trois mani-pules en une cohorte. Déjà les guerres puniques etquelques autres qu’ils avaient eues avec les Gaulois,le* avaient fait recourir souvent à la ligne pleine ; ilsne purent même arrêter, près de l’Adda, la fouledes Gaulois Insubriens , que par cette ligne, et enarmant leur premier rang des piques des triaires.Ces peuples , armés de longs sabres dont ils frap-paient de taille, s’élançaient, avec l’impétuosité na-tionale, entre les intervalles des manipules, et lesattaquaient de tous côtés. Il fallut leur opposer uneligne non interrompue de longues piques, sur les-
ouelles leur furie et le taillant de leurs sabres ve-à.
naient s’émousser, ce qui les mettait hors d'état dedéfense contre la courte épée romaine.
La cohorte avait déjà lieu avant Marius et Sylla ,dans la guerre de Jugurtha ; on y voit l'introductiondes frondeurs et archers étrangers ; on y parle aussides vélites dont on avait formé des cohortes d’in-fanterie légère : mais l’ancienne distinction destriaires , princes et hastaires n’existait plus ; toutesleurs différentes manipules étaient déjà fonduesdans les cohortes, seule division de la légion dansles ordres de bataille d’alors. Les cohortes étaientdonc une espèce de bataillon composé de trois ma-nipules ou six centuries , fort, par conséquent, de