SUR L’INFANTERIE LÉGÈRE. 35
d’aventuriers armés à la légère, connus sous les nomsde cotterets, routiers, brabançons, ribauds, tousgens déterminés et propres aux coups de main,que des partisans rassemblaient pour les vendre auxprinces en temps de guerre . et piller leurs sujets entemps de paix. L'armée que Dugucsclin mena enEspagne contre Pierrede-Cruel n’était composée quede ces sortes de troupes, qui, sans cette expédi-tion , auraient désolé le royaume. Les rois de France ne se bornèrent pas à ces souldoyèrs ; on les vitprendre encore jusqu’à quinze mille archers génois àleur solde. Ce fut le corps à pied le plus régulier quifût connu de ce temps-là. 11 est vrai que la déroute deCréey commença par eux ; mais la faute en était aumonarque français , qui les fit combattre après unemarche très-fatiguante , et une pluie qui mouilla tel—j îement les cordes de leurs arbalètes, qu’ils ne purents’en servir et répondre aux archers anglais , qui ti-raient si vivement , disent les anciennes relations, quece semblait neige.
Charles VII n'aimait pas ces troupes étrangèressans doute à cause des désordres commis dans lesrègnes précédents. Ces bandes d’aventuriers s'étaientrendues si redoutables, que souvent les gouverneursdès provinces ne pouvaient les repousser, et qu’onvit un corps de ces troupes de Brabançons battre àBriguais, près de Lyon , le connétable Jacques deBourbon, qui y mourut des blessures qu’il reçut. Cemonarque chercha à pouvoir s’en passer , en faisantson ordonnance des francs-archers. Par cette or-
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