62 ESSA.I HISTORIQUE
bientôt les Français , qui, maîtres de Prague , ca-pitale de la Bohême , avaient presque envahi ceroyaume, se trouvèrent harcelés et entourés pardes nuées de hussards, de croates , de pandours,de talpachcs, tandis que le prince Charles, à la têted’une armée de ligne, leur faisait tête. Les croates,les pandours et les talpaches étaient les milices àpied de la Hongrie , de l’Esclavonie et de la Croatie .Tous avaient l’habillement de leur nation ; ils étaientarmés d’un fusil, d’un sabre , et d’un ou de plusieurspistolets à la ceinture : les pandours y joignaientencore le poignard turc , et portaient un manteauassez ample. Ces troupes, que l’on n’avait pas eule temps de plier aux évolutions et à la disciplinedes armées européennes , accoutumées à la vie duredes peuples les moins civilisés, ne campaient pas ,mais bivouaquaient autour de l’armée autrichienne,et formaient des corps séparés d'elle , qui assuraientses flancs et ses communications , tandis qu’ils te-naient leurs ennemis dans de continuelles alarmes,en enlevant leurs grand’gardes, en attaquant leursconvois , en côtoyant et suivant leurs marches.Nadasti, et ensuite Laudon, firent leur réputationà la tête de ces corps de troupes légères, dont leservice fut d’une telle conséquence, que le princeCharles de Lorraine , en se tenant sur la défensive,et sans hasarder de batailles, chassa les Français etles Saxons de la Bohême. Les Autrichiens, débar-rassés du roi de Prusse par le traité de Breslaw, nese contentèrent pas de délivrer la Bohême, ils s’em-