H ESSAI HISTORIQUE
avait repris les armes et était entré dans la Bohème.Le prince Charles avait dû aller au secours de ceroyaume si souvent envahi : il abandonna l'Alsace et repassa le Rhin , sans autre désavantage que lecombat d’Achencim , village que les grenadiers fran çais emportèrent sur l’infanterie hongroise.
Pendant ce temps-là, le comte de Saxe , laissé enFlandre avec une armée de 40,000 hommes, y posales fondements de sa gloire militaire, par la campa-gne défensive qu’il fit contre les Hollandais et lesAnglais réunis. 11 semblait que la race des grands, gé néraux fût éteinte en France , puisqu’il fallut avoirrecours à des étrangers pour terminer avec honneurcette guerre, et que Saxe et Lowcndal, tous deuxétrangers, furent les seuls grands généraux que l’onvit à la tête des armées françaises . Le maréchal deSaxe avait hérité de la force de corps singulière du roide Pologne , son père , mais il était né avec plus degénie, et s’était appliqué de bonne heure à la guerre ;il avait fait, dans sa plus tendre jeunesse, ses premièresarmes au siège de Lille , sous le prince Eugène. Lesdésagréments qu’il avait eus au sujet du duché deCourlande, dont, malgré son élection, il n’avait puêtre investi, l’avaient fait passer au service de France .Il avait eu occasion de remarquer dans l’expéditionde la Bohême, où il s’était déjà distingué, l’utilitédes troupes légères ; il en protégea la levée , et créalui-même un corps de hulans, espèce de milice àcheval, polonaise. Il eut dans son armée la fameuselégion de Grassin, composée de cavalerie et d’infan-