8o ESSAI HISTORIQUE
mettre en ligne y porte la confusion, et les met enfuite. L’infanterie des alliés, foudroyée par des bat-teries que le roi de Prusse démasque sur le rideau deRosback, est à son tour attaquée et débordée par lagauche de l’infanterie prussienne : étonnés de voircette armée , que l’on croyait envelopper, déployéedans le plus bel ordre sur leur propre flanc, les al-liés ne peuvent ni se former, ni combattre, et n’op-posent presque point de résistance. Ainsi, deuxheures, et la moitié d’une armée très-inférieure,suffirent pour mettre dans une déroute complète unearmée plus forte au moins des deux tiers. Deux cir-constances nous prouvent que les généraux français ,entr’autres reproches à leur faire, ne savaient pasemployer leurs troupes légères ; cependant, on n’enmanquait pas, car, outre les hussards et les dragons,on leva dans cette guerre plus de corps francs quedans la précédente. Mais on avait si peu l’art desavant-postes, que des hussards prussiens poussèrentjusque dans le camp des Français , et y prirent deschevaux de cavalerie au piquet, et des soldats dansleurs tentes. N’élait-ce pas aussi une faute capitale demarcher sous ce rideau de Rosback, qui n’était qu’àune portée de canon, sans l’avoir fait éclairer pardes flanqueurs?
La bataille de Lissa est un modèle parfait de l'or-dre oblique. A Rosback, le roi de Prusse, attendantson ennemi, le laisse donner dans le piège, en sortequ'au moyen d’un très-petit mouvement et d’un sim-ple crochet, il le déborde. A Lissa, le roi lui-même