SUR L’INFANTERIE LÉGÈRE. i4»
divisions eussent débouché pour les mettre en ligne,ce qui eût demandé beaucoup de temps. Et commeson but était d’aller à Milan pour y opérer la jonc-tion avec les divisions que le général Moncey amenaitde la Suisse par le Saint-Gothard , il eût marché mé-thodiquement, sa droite au Pô , sa gauche à la ra-cine des Alpes , d’abord derrière la Sesia , ensuitesur le Tcsin, de là à Milan , et enfui partie surl’Adda , partie sur le Pô, derrière lesquels sonarmée , étendue dans l’ordre de bataille, eût attendul’arrivée des divisions de Moncey, pour pouvoir seporter ensuite au secours de Gènes. On voit quelleperte de temps cette invasion méthodique eût occa-sionéc, et quel avantage elle eût donné au généralautrichien, pour connaître la force et le but del’armée. Eût-il voulu irrégulariser la marche de sescolonnes ? il eût peut-être plus mal fait. Que l’on nes’y trompe pas ; il faut, pour combiner la marche etle jeu de ces colonnes, qui semblent agir en tout sens,et qui, cependant, doivent tendre au même but,une profondeur et une étendue de calcul, dont toutesles tètes ne sont pas capables ; et l’on pourrait sou-vent , en voulant éviter la routine, tomber dans laconfusion. Qu’en conclure? L’expérience, l’étudede la guerre font les généraux de division ; le génieseul fait les généraux en chef.
Depuis le passage du Pô, on avait appris que legénéral Masséna, après avoir épuisé ses derniersmoyens de subsistance, avait été forcé de rendreGênes , mais non de capituler, car il allait rejoindre