iGo ESSAI HISTORIQUE
de la principale colonne aura tracé seulement lacorde ; elle devra aussi faire plus d’usage de son feuindividuel. Il est donc très-avantageux de lui donnerdes hommes déjà grands marcheurs, accoutumés àgravir, en courant, les rochers et les hauteurs, etdéjà habiles tireurs. Vous trouverez de tels hommesdans les Pyrénées , les Alpes , le Vivarais , chez lesmontagnards du Jura , dans le Iionsdruk, dans lespays enfin où les paysans sont obligés de parcourirde hautes montagnes avec leurs troupeaux, de foiredeux ou trois lieues à travers des précipices pour allersur le champ qu’ils cultivent, au pré qu’ils doiventrécolter, qui, enfin, sont la plupart chasseurs etexercés au fusil, et dont presque tous couchent unepartie de l’année à la belle étoile. Je réserverais doncexclusivement toutes ces contrées à l’infanterie lé-gère ; et si, dans quelques-unes de ces vallées, jetrouvais l’industrie de quelque haras et l’habitude delabourer avec des chevaux, je prélèverais sur les jeu-nes gens habitués à soigner et à monter ces chevaux,des hussards ou chasseurs à cheval.
Je crois que c’est ici l’occasion de placer uneréflexion que j’ai souvent faite sur le recrutementde notre cavalerie. Si la cavalerie allemande a sem-blé, dans nos campagnes de la révolution, avoirquelque supériorité sur la nôtre , ce n’est pas queles hommes aient été plus braves, plus instruitset les chevaux de meilleure race que les nôtres ; maisla composition en était meilleure. En Autriche , ontire ordinairement du môme pays les hommes et les