248 ESSAI HISTORIQUE
s’il y a une force considérable ou non ; il faudi’a qu’ilprenne le parti vigoureux de les charger avec audace,pour pousser jusques dans un endroit d’où il puisseenfin découvrir le gros de la troupe ennemie, quialors ne manquera pas de s’arrêter et de faire des dis-positions qui la mettront en évidence. Pour ne pasperdre l’avantage de cette charge , l'officier com-mandant le parti, prévoyant le cas où il serait tué oupris, communique à ses principaux subordonnés lebut de son opération , afin qu’en cas de malheur ilspuissent eux-mêmes aller faire le rapport.
Dans la campagne de l’armée gallo-batave, en|ï8oi, sur la Rednitz , j’étais en avant de Neukirchen,à trois lieues de Forcheim, avec une division de 4ooohommes; je faisais face au général autrichien Simp-chem , qui, beaucoup plus fort que moi, résolut deme prendre de front et en même temps à revers. Ilétait en avant de Piotemberg ; nos avant-postes fai-saient face aux siens, sur un ruisseau qui coule duvillage d’Echenaud jusques dans la Rednitz ; en mêmetemps qu’il préparait son attaque de front sur cepoint-là, il fit filer de Groffenberg une colonne de3 à 4ooo hommes, qui devait venir me couper la re-traite en arrière de Neukirchen, sur la route de cebourg à Forcheim. Un piquet de dragons, que j’en-voyai sur ce point-là, m’avertit qu’il avait vu quelqueshussards ; s’en étant tenu là, parce que c’était un paysde bois et de montagnes, il s’en revint sans pouvoirme dire quelque chose de positif. De suite j’y envoyai