SUR L’INFANTERIE LÉGÈRE. 297
retranché, d’avoir une bonne réserve placée demanière à aller au secours de toutes les parties atta-quées , à soutenir leur retraite et empêcher qu’elle11e soit coupée par quelques colonnes ennemies quiauraient débordé les flancs.
On défend encore plutôt les retranchements parles réserves, que par les gens qui bordent les para-pets. Pourquoi cela? C'est que la force, du soldai gîtdans son opinion. En vain vous aurez garni vosretranchements d'un double rang ; en vain vousaurez parsemé les avenues d’habiles tirailleurs , unennemi bien décide fait des pertes ; mais. résolu d’em-porter vos retranchements, il y parviendra : c'est làle but qu’il s’est proposé. Votre soldat, qui étaitderrière le parapet à l’abri des coups de fusils , quis’est fondé sur la sûreté des siens, et qui voit queni son feu roulant, ni celui , encore plus nuisible ,des tirailleurs , ni les obstacles que l’on avait élevésdevant lui, n'empêchent pas une colonne formidablede parvenir au pied des retranchements, se troubleet perd courage , parce que , posté derrière pour yfaire feu , il ne s’attend pas à combattre à l’armeblanche ; ce n’était pas là le but proposé ; il n’a puarrêter 1 ennemi par son feu ; il ne peut en soutenirl’approche, et les premiers assaillants qui paraissentsur le parapet , mettent toute la ligne en déroute.Mais la réserve est là; elle s’ébranle; le soldat quien fait partie, est témoin , l’arme au bras, de toutce combat ; il sent bien qu’il n’est dans cette positionque pour marcher sur les ennemis qui auraient pé-