34a ESSAI HISTORIQUE
blessés. On fera cependant protéger leur marche parun bon piquet bien commandé. Comme les troupesauront pris les armes, on fait rapprocher successi-vement et rentrer les grand'gardes. Souvent, lors-qu’elles se trouvent trop engagées , et qu’elles sontserrées d’un peu trop près , on fait sortir un pelotond’infanterie , avec un piquet de cavalerie , et l’onpousse une petite pointe , pour donner aux grand’-gardes la facilité de retirer leurs tirailleurs , de se ral-lier et de rentrer avec plus d’ordre. Pendant ce tems-là , la colonne commence à défiler , la gauche entête ; mais dans beaucoup de circonstances , on ferabien d’y placer une compagnie de grenadiers , si l’onen a plusieurs , afin d’ouvrir la marche par un coupde vigueur, si par hasard on était arrêté et cerné.Les grand’gardes et les piquets rentreront sous laprotection d’une ou de deux compagnies , qui serontplacées aux issues et barrières des postes , et qui de-vront fermer la marche. Etant ainsi relevés , les sol-dats de ces gardes et piquets rejoindront leurs diffé-rentes compagnies, et fileront avec elles. Les com-pagnies d’arrière-garde tiendront ces postes , jusqu’àce qu’elles voyent que la colonne est déjà à une oudeux portées de fusil, et ensuite elles les dégarnirontpetit à petit. On pourra même , si l’ennemi ne s’ap-proche pas avec vigueur , laisser quelques tirailleurspour faire feu derrière les défenses ; et on laissera ,pour les soutenir, un piquet de cavalerie, qui lesprendra en croupe , quand il seront prêts d’être for-cés , et rejoindra avec eux la queue de la colonne ,