354 ESSAI HISTORIQUE
affaire, je préférai m’enfoncer dans la vallée et memettre à Venasco, où je devais trouver en abondancedes vivres (article le plus essentiel à la guerre). J’en-voyai donc une vingtaine de hussards à Ordonneau ,et lui donnai l’ordre de quitter Busca, d’aller prendreposte à Dronero, et de m’y attendre le lendemain.A peine eut-il quitté Busca que les autrichiens s’yprésentèrent ; mais ils ne poussèrent pas plus loindans cette journée. Je fus très tranquille à Venasco ,.et j’y reçus les premières nouvelles certaines de l’ar-mée. J’appris qu’elle abandonnailtout-à-fait la plaine,que Coni était presque cerné , et qu’une partie de ladivision Grenier était à Borgo St.-Dalmas, à l’entréedes montagnes. Ainsi je me trouvais en ligne avecl’armée ; je communiquais avec elle par le moyen dela petite avant-garde que j’avais à Dronero , sous lesordres de mon aide-de-camp. G’est pourquoi je prisla résolution d’y mener le gros de ma troupe, pourêtre plus à portée d’agir ensemble. Effectivement jem’y portai de ma personne le lendemain de grandmatin, en laissant l’ordre au général Kister de mesuivre ; mais comme j’avais passé le sommet de lamontagne qui nous séparait de Dronero , et que jecommençais à découvrir la vallée de laMaïra, j’aper-çus des colonnes autrichiennes qui se dirigeaient surce bourg. Je vis bien que ce poste allait être attaqué ;au lieu de rétrograder, je forçai le pus pour rn'yjeter, et je renvoyai un aide-de-camp au généralKister, avec ordre de lui dire de presser sa marche ;que s’il ne pouvait cependant arriver à temps à Dro-