Effectivement je remarquai que l’on ne voyait quedes femmes et des vieillards , et je dis à mon aide de-camp , que je chargeai de fermer la marche avec unecompagnie de grenadiers , de prendre et d’emme-ner le maire ; celui ci préféra donner son fils qui, |sans doute , était caché à quelques pas avec les au-dtrès barbets ( car nous étions précisément au milieu :de ces brigands ). A peine eûmes-nous fait une demi- 'lieue (la nuit étant déjà très-obscure) que de touscôtés s’élèvent des cris affreux ; des coups de siffletsmultipliés percent l’air, et les sons rauques et pro-longés des cornets des pâtres se répètent et se ré-pondent de toutes les montagnes d’alentour, d’oùen même temps 1 on voyait partir plusieurs coups defusil.
On entendait sur nos traces le bruit confus d’unequantité d’hommes qui couraient après nous ; je fistoujours bâter le pas à la colonne , mais je dis à Or*donneau d’arrêter ses derniers pelotons , de faireface sur un petit tertre favorable , d’attendre ces co-quins à bout portant, et de leur donner la bourredans le ventre. Nos grenadiers étaient braves et àtoute épreuve; ils apprêtèrent leurs armes dans leplus grand silence et avec le plus grand calme. Lesbrigands s’en approchent avec confiance; ils avaientdes torches et des lanternes comme pour mieux sefaire distinguer ; et dans le temps même que leurchef criait à nos braves de se rendre , on leur lâchaun feu si bien dirigé, que ceux qui étaient entêtetombèrent tués ou blessés. Devenus plus circons.-