sur la Retraite des Dix-mille. 17ne les voit pas, ainlî que les habitansdes plaines fertiles, plongés dans la mol-lesse & dans la sensualité ; d’un carac-tère intrépide & dur, qui tient de l’âpretéde leurs climats, ils ont un goût décidépour l’indépendance ; toujours plus pau-vres que les autres, ils font aussi moinsattachés à leur bien, & combattent avecplus de zele pour la liberté qui fembl*
être l’apannge de leur pays.Et c’eft—
là la raison pourquoi on a vu souvent desarmées qui avaient remporté de grandesvictoires dans les plaines, échouer ensuitedans les lieux escarpés.
Cette position,qui est la première causede la valeur des Suisses, des Barbets duPiémont, des Miquelets des Pyrénées,des habitans du Vivarais, & en général detous les montagnards, fait qu’un chef quirnene des troupes disciplinées contre despeuples de cette efpece, & qui veut tairecontre eux une guerre en réglé, est bientôtréduit aux plus grandes extrémités. Com-ment , en estet, peut-on marcher en ordrecontre des gens quin’en observent point;qui formés en troupes de trente, de qua-rante ou de cinquante, ne tiennent jamaisde route fixe ; qui connaistent tous les íèn-tiers& tous les revers de leurs montagnes,qui te réunifient dès qu’ils sentent quel-