sur la Retraite des Dìx-mìlle- l'Jtchargés de tours, ne pourraient pas êtresuppléés par des redoutes ambulantes \g) j£ l’on ne pourrait pas perfectionner lescartes militaires tk maritimes ; iì l’on nepourrait pas y marquer les écueils, les bas-fonds,les courans , les vents constats,les gués, les rivières, & concilier certains
(£) Des redoutes ambulantes! diront ici quelquescenseurs, voilà qui est risible! mais pas tant qu’il lcparaît. Chez les Grecs & chez les Romains on vit éta-blir l’ulage des éléphans & des chariots , fans que lesplaifans (car il y èn avait à Sparte & à Rome, commeL Londres&c à Vans), en liftent un sujet de moquerie*.Je juge de Tavantage que tiraient ces peuples des cle-phans, par la grande attention qu’euteiu les Romainsde stipuler dans tous les traités qu'ils firent avec lesCarthaginois Ôc les Asiatiques, qu’ils n’élevetaientjamais aucun de ces animaux pour la guerre.f )e dis plus, je soutiens qu'il n’y a pas jusqu’auxchiens dont on ne pût tirer im service utile. Encoredes chiens, dira-t-on pourquoi s'en étonner? est esque les esclaves Siciliens, qui fous la conduite dsSpartacus se révoltèrent contre Home, ne s'en servi-rent pas avec iuccès? Et de nos jours n*a-t-on pas víìles habitans des îles Hébrides, à l’occident de l*Ecoílc» :aller ofírir leurs services au prince Stuard, armés dehaches, à demi-nuds, & accompagnés de gros chiensqui les suivaient jusques dans les combats? Dans cemonde tout n’est qu'habitude ou préjugé > semblablesà ces vieillards qui regardent avec vénération tousles anciens usages, nous répugnons, fans savoir pour-quoi , â tout ce qui ne resieinble pas à nos idees*Mais qu’on rejette tant qu'on voudta celles dont jsviens de parler, je n’en ferai pas moins persuadé quedouze de nos soldats, fussent-ils aullì braves que lesdouze paladins, ne puíTent être mis aisément en dé-routé par trois hommes, si ceux-ci étaient secondespar autant dc dogues exercés.