du Roi de Prusse. 19
fout appelle donc Frédéric a se faire en Alle-magne le chef du parti protestant & le con-trepoids de la Maison Impériale. II ne luifaut plus pour s’emparer de ce rôle éclatant,que ce qui captive les hommes & fixe leurconfiance, des succès & une renommée.
En France, c’est le cardinal de Fleury quirègne ; on vante fa sagesse : mais la sagessedu ministre d’un grand empire doit - elleêtre passive? peut-elle se passer d’énergie &de prévoyance ? II a laissé tomber la marinedans le néant ; il entretient médiocrementles forces de terre; il croit qu’il ne faut à laFrance que le régime qui convient à l'épui-sement , tandis qu’un corps robuste, maisminé par des principes vicieux, ne peut âtrerégénéré qu’à l’aide d’un traitement vigou-reux & actif. Enfin, ce qui durera par delàce vieillard qui est fur le bord de la tombe,ce dont Frédéric calcule l’influence pour l’a-venir, c’est que le jeune Roi, qui est fousla tutèle du Cardinal, élevé dans le dégoûtdes affaires & dans l’insouciance des évène-mens, ne donnera jamais plus de mouve-ment à son beau royaume, Lc qu’ainsi, pen-dant le sommeil ou l’assaissement de cettepuissance formidable, c’est aux États secon-daires à profiter de la prépondérance qu’elle