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par I’envoi d’une grande partie de ses forces,qu’il avoir détachée en Saxe pour y joindrede prince á’Anhalc, il fût attaqué 8c presquemétne surpris par le prince Charles. Sa pré-sence d’esprit, & la discipline de ses troupes,sauvèrent 8c rétablirent tout. Le prince Char-les, avec cinquante mille hommes, céda lechamp de bataille à vingt-cinq mille, 8c iln’en coûta ì Frédéric qu’une partie de soncamp 8c ses bagages. C’est peut-être en effetpour un général la première de toutes les gloi-res, que celle qui naît d’une faute, Sc qui larépare. Un succès prémédité n’a exigé sou-vent qu’une fimple bonne combinaison ouune seule idée heureuse, mais pour tirer unsuccès d’un revers ou d’une position funeste,il faut ne se laisser ni étonner ni abattre, ilsaut l’inspiration soudaine du coup - d’œil 8cdu talent; Sc cette inspiration, au milieud’un grand malheur , n’appartient qu’auxesprits nés pour maîtriser les évènemens Scpour commander ì la fortune.
Enfin, Frédéric termina cette guerre parfa belle campagne d’hiver de 1745. Le princeCharles dont on a trop injustement rabaisséles talens, destinée malheureuse de beau-coup de bons généraux qui ont été éclipséspar des rivaux supérieurs, tandis que des gé-