du Roi de Prusse. 8y
^ véritable, doivent goûter ces rapproche-mens; il est d’ailleurs intéressant de penserque Frédéric, au milieu de ses dangers, ennourrissait son émulation, & en récompen-sait son courage.
Nous touchons k la plus brillante campa-gne de Frédéric, k celle où la fortune le fitpasser par le plus d’épreuves, & où son génielui acquit le plus de gloire. II débute parentrer en Bohême, & par battre complète-ment k Prague l’armée autrichienne ; il la sé-pare en deux ; une moitié est forcée de sejetter dans Prague avec le prince Charles, lemaréchal fírown blessé k mort, &C presquetous les généraux ; l’autre, après une perteimmense, est entièrement dispersée. Jamaisdéroute ne fut plus complète; presque toutel’artillerie tomba dans les mains du vainqueur.11 y eut des régimens réfugiés dans Prague,qui furent quatre jours a rassembler leurs dé-bris. Les restes de l’aîle droite ne se ralliè-rent qu’k vingt ou trente lieues, en rejoi-gnant des renforts qui s’avançoient ; &c qui,grossis par eux, devinrent, fous les ordresdu maréchal, une armée nouvelle. Onvoitpar-là ce qu’étoit la puissance autrichienne,elle perdoit presque une armée, 6c il lui ennaissait une autre.