Du Roi de Prusse. 91
grands prodiges de la fortune, Sí d’aulligrands effets de la consternation. La mêmecampagne, on verra vingt-deux mille Au-trichiens fe rendre prisonniers dans Breslau,quelques jours après la bataille de Lijsa. En-fin, peut-être le roi de Prusse présuma-1-iltrop de sa prospérité ; peut-être ne pressa-t-il pas la ville de Prague par des attaquesassez vigoureuses ; peut-être aussi le reprochequ’on lui fait a-1-il quelque fondement, Sceût-il mieux fait, s’il l’eût pu, de marcheren avant. M. de Turaine difoit qu’un géné-ral qui n’avoit pas commis de fautes, n’avoitsûrement fait la guerre ni souvent ni long-temps; «Sc ce mot d’ifn maître de Part, quia lui-même avoué les siennes, m’avertitqu’il y a une forte de circonspection éclai-rée a ne pas outrer l’apologie des plus grandshommes. Quoiqu’il en soit, l’armée ren-fermée dans Prague, reprit courage, au lieude s’intimider, Sc elle fit une sortie heureuse;le siège fut poussé foiblement, le roi de Prussemanquoit de grosse artillerie ; osons conve-nir encor que, soit faute de places de guerre,& par conséquent de grande école sur cettepartie, soit que dans une science aussi im-mense que celle de la guerre, l’esprit nepuisse pas tout embrasser avec le même goût