i ()2 Éloge
sà vie. Mais le voyoit-on, & jamais Princefût-il plus accessible? Jamais Prince eût-ilcomme lui, pour tout homme distingué, dequelque pays, de quelque rang, de quelqueprofession qu’il fût, Faisabilité de la vraiegrandeur, & méme Pintérêt de la curiosité?Le voyoit-on, on n’oublioit plus ce visagek la fois noble & doux, ce regard plein defeu & de grâce, cette physionomie si mobile& si prodigieuse, qu’à chaque instant, sui-vant les situations, les personnes, les con-versations, les pensées, elle changeoit d’ex-pression & de nuance, cette majesté qui neconsistoit ni dans la beauté des formes, nidans une attitude d’apprêt, ni dans P habi-tude d’un grand rôle, ni dans un extérieurde magnificence; mais qui, avec le main-tien le plus simple, malgré un costume quel-quefois négligé jusqu’au cynisme, venoittoute, de son ame, de son caractère, &sans doute aussi de ce prestige de gloire qui,comme une vapeur divine , étoit répandufur fa personne & l’environnoit toute en-tière.
Sa conversation étoit souvent en que-stions; telle est inévitablement celle de tousles Rois, puisque le respect qu’on a poureux les condamne toujours k l’embarras de